En bref
- Shopify si vous vendez en ligne et que c'est votre activité principale. Wix si vous voulez un site vite et sans rien apprendre. WordPress si vous voulez pouvoir partir.
- Sur trois ans, l'écart de coût entre les trois est modeste. Ce qui diffère vraiment, c'est le temps demandé et la portabilité.
- En quittant une plateforme fermée, vous récupérez vos textes et vos images, pas votre site : il faut le refaire.
- Le critère décisif n'est pas la facilité affichée à la création, mais ce qui se passe la troisième année.
Le débat oppose généralement des facilités d’usage. C’est le mauvais angle : les trois solutions permettent de publier un site correct, et la différence de confort au démarrage s’efface en quelques semaines. Ce qui compte se joue la troisième année — quand il faut faire évoluer, changer de prestataire, ou partir.
Trois questions suffisent à trancher.
Vendez-vous en ligne ?
C’est la question qui écarte le plus de possibilités d’un coup.
Si la vente en ligne est votre activité principale — catalogue qui bouge, stock, expéditions quotidiennes, promotions — Shopify est conçu pour cela et le fait mieux que les autres. Vous payez pour ne pas avoir à assembler vous-même la gestion des stocks, les transporteurs, les taxes et les moyens de paiement.
Si vous vendez quelques produits en complément d’une activité de service — un artisan qui écoule des accessoires, un producteur avec une dizaine de références — une extension de commerce sur WordPress ou la fonction boutique de Wix suffisent largement. Payer un abonnement de solution dédiée pour trente commandes par mois est disproportionné.
Si vous ne vendez pas en ligne, écartez Shopify sans hésiter : vous paieriez pour des fonctions inutilisées.
Répondre « oui » n’implique pas forcément une boutique complète dès le départ : les configurations intermédiaires sont passées en revue dans site vitrine ou boutique.
Savez-vous bricoler, et en avez-vous le temps ?
Non pas au sens technique, mais au sens de la disponibilité à apprendre.
Wix vous fait publier une première page en une heure, sans rien comprendre au fonctionnement d’un site. L’éditeur est visuel, tout se fait en glissant des blocs. Le prix de cette simplicité est une frontière nette : ce que l’éditeur ne prévoit pas ne se fait pas.
WordPress demande une quinzaine d’heures avant d’être à l’aise. Il faut installer, choisir un thème, comprendre la différence entre une page et un article, découvrir quelques extensions. En contrepartie, il n’y a pratiquement pas de limite à ce qu’on peut y faire, et un prestataire peut reprendre la main à tout moment.
Une nuance importante : la maintenance retombe sur vous avec WordPress. Mises à jour, sauvegardes, sécurité. Comptez une heure par mois, ou un hébergement infogéré qui s’en charge pour une quinzaine d’euros mensuels.
Voulez-vous pouvoir partir ?
C’est le critère le plus déterminant, et le moins évoqué au moment du choix.
Sur une plateforme fermée, vous récupérez en partant vos textes, vos images, et généralement un fichier tabulaire de votre catalogue et de vos clients. Vous ne récupérez ni la mise en page, ni le design, ni les fonctionnalités. Partir revient à refaire le site ailleurs.
Sur WordPress, le site est un ensemble de fichiers et une base de données. Il se déplace chez un autre hébergeur en quelques heures, se confie à un autre prestataire, ou se reprend en main.
Cette différence est théorique tant que tout va bien. Elle devient très concrète le jour où la plateforme change ses tarifs, où votre projet dépasse ce qu’elle permet, ou où vous voulez travailler avec quelqu’un d’autre.
Pouvoir partir dépend surtout de deux éléments que la plateforme ne vous donne pas toujours : le domaine et l’accès aux fichiers. Les précautions sont dans nom de domaine et hébergement.
Le coût sur trois ans
| Wix | Shopify | WordPress autonome | |
|---|---|---|---|
| Abonnement annuel | 150 à 400 € | 350 à 800 € | — |
| Hébergement + domaine | inclus | inclus | 100 à 250 € |
| Thème et extensions | 0 à 200 € | 0 à 600 € | 0 à 300 € |
| Total sur 3 ans | 500 à 1 500 € | 1 100 à 3 000 € | 300 à 1 000 € |
| Votre temps | 15 à 40 h | 20 à 50 h | 40 à 100 h |
| Portabilité | contenus seuls | contenus seuls | complète |
Deux points à noter. Shopify prélève en outre des commissions sur les transactions, variables selon la formule et le moyen de paiement — à intégrer dès que le volume devient significatif. Et sur les trois, ce sont les extensions et applications payantes qui creusent le plus l’écart réel, bien davantage que les abonnements de base : une boutique équipée de six applications à 15 € mensuels double sa facture.
Ce qui ne devrait pas entrer dans la décision
Le nombre de modèles proposés. Vous en utiliserez un. Le choix se fait sur une poignée de mises en page pertinentes pour votre métier, pas sur un catalogue de huit cents.
Les promesses de référencement. Aucune des trois ne vous fera remonter dans les résultats de recherche par sa seule technologie. Ce qui compte est le contenu, la vitesse d’affichage et la structure — trois choses qui dépendent surtout de ce que vous en faites.
L’avis d’un proche qui a « déjà fait ça ». Son projet n’était pas le vôtre. La question « vendez-vous en ligne » suffit à rendre son expérience non transposable.
En résumé, par situation
Artisan ou profession libérale, site vitrine, peu de temps. Wix, ou WordPress si quelqu’un peut vous accompagner au démarrage.
Commerce avec vente en ligne significative. Shopify, sans hésiter, sauf si vous avez déjà un site WordPress qui fonctionne et un volume modeste.
Projet éditorial, association, activité de conseil, ambition d’évoluer. WordPress. Le temps d’apprentissage est un investissement, pas une perte.
Doute persistant entre deux options. Prenez celle qui vous laisse partir. C’est la seule décision qui ne se paie pas deux fois.
Questions fréquentes
WordPress est-il plus compliqué que Wix ?
Oui au démarrage, non sur la durée. Wix vous fait publier une première page en une heure ; WordPress demande d'installer, de choisir un thème et de comprendre quelques notions. En revanche, une modification inhabituelle est souvent impossible sur une plateforme fermée, alors qu'elle reste faisable sur WordPress, éventuellement en confiant deux heures à un prestataire.
Peut-on vendre en ligne avec WordPress ?
Oui, via une extension de commerce qui gère catalogue, panier, paiement et livraison. Le résultat est complet et vous appartient, mais la charge de maintenance est réelle : mises à jour, sécurité, sauvegardes. Pour une boutique qui constitue l'activité principale, une solution dédiée fait gagner du temps ; pour quelques produits en complément, l'extension suffit largement.
Que récupère-t-on en quittant une plateforme ?
Vos contenus : textes, images, et généralement un export de votre catalogue et de vos clients dans un format tabulaire. Pas la mise en page, pas le design, pas les fonctionnalités, qui sont propres à la plateforme. Concrètement, partir signifie reconstruire le site ailleurs à partir de vos contenus.
Combien coûte chaque solution par an ?
Comptez environ 150 à 400 € par an pour Wix selon la formule, 350 à 800 € pour Shopify hors commissions et applications, et 100 à 400 € pour WordPress en autonomie une fois l'hébergement et le domaine payés. Les extensions et applications payantes creusent l'écart bien plus que les abonnements de base.
Sources et méthode
- Grilles tarifaires publiques des plateformes concernées, relevées en août 2026
- Conditions d'export de données publiées par chaque éditeur