En bref

  • Une sauvegarde jamais restaurée n'est pas une sauvegarde, c'est une hypothèse.
  • Un site complet, c'est les fichiers ET la base de données, prises au même moment.
  • Une sauvegarde stockée uniquement chez l'hébergeur disparaît avec lui.

Presque tous les sites ont une sauvegarde. Presque aucune n’a été restaurée pour vérifier qu’elle fonctionne. Cette différence n’apparaît qu’un seul jour — celui où l’on en a besoin — et il est alors trop tard pour la corriger. Une sauvegarde qu’on n’a jamais restaurée n’est pas une sauvegarde, c’est une supposition.

Ce qu’est réellement un site

Un site dynamique se compose de deux parties distinctes, et il faut les deux.

Les fichiers : le code, le thème, les extensions, et surtout les médias envoyés — images, PDF, pièces jointes. C’est ce qu’on voit dans le gestionnaire de fichiers de l’hébergement.

La base de données : les articles, les pages, les réglages, les comptes utilisateurs, les commandes s’il y a une boutique. Rien de tout cela n’est dans les fichiers.

Une sauvegarde qui ne contient que l’un des deux est inutilisable. Et il y a une exigence supplémentaire, souvent négligée : les deux doivent être pris au même moment. Une base de mardi avec des fichiers de la semaine précédente donne un site qui référence des images absentes, des extensions manquantes, et qui peut refuser de démarrer.

Ce que la sauvegarde de l’hébergeur ne couvre pas

Elle est utile et il faut la garder. Elle a simplement des angles morts qu’il faut connaître.

Elle est au même endroit que le site. Une défaillance majeure de l’hébergeur, un incendie de datacenter, une erreur de leur côté peut emporter les deux.

Elle disparaît avec le compte. Un impayé, un litige, une suspension : le site part et les sauvegardes avec.

Sa rétention est courte. Souvent quelques jours à deux semaines. Or une compromission n’est découverte qu’au bout de plusieurs semaines en moyenne — et à ce moment, toutes les sauvegardes disponibles contiennent déjà le code malveillant.

Elle est parfois partielle. Certaines offres sauvegardent les fichiers mais pas la base, ou l’inverse. C’est écrit dans les conditions, rarement lu.

Sa restauration n’est pas toujours gratuite ni immédiate. Certains hébergeurs facturent l’opération ou la traitent en quelques jours.

La règle qui fonctionne

La pratique courante se résume en trois chiffres : trois copies, sur deux supports différents, dont une hors site.

CopieFréquence
1Le site en production
2Sauvegarde de l’hébergeurAutomatique
3Stockage distant ou disque externeSelon l’activité

La troisième copie est celle qui change tout, et c’est celle qui manque presque toujours. Un espace de stockage en ligne, un disque à la maison, peu importe : ce qui compte est qu’elle ne dépende ni du serveur, ni du compte d’hébergement.

La fréquence se déduit d’une seule question : combien de travail acceptez-vous de perdre ? Si la réponse est « une journée », il faut une sauvegarde quotidienne. Si c’est « un mois », une sauvegarde mensuelle suffit. Il n’y a pas de bonne réponse générale, seulement une réponse cohérente avec l’activité du site.

Combien de temps garder

Une seule sauvegarde, écrasée à chaque exécution, protège mal. Si le site est compromis mardi et que la sauvegarde tourne mercredi, elle écrase la dernière version saine.

Un schéma de rétention simple, dit du grand-père, du père et du fils :

  • Les sept dernières sauvegardes quotidiennes.
  • Les quatre dernières hebdomadaires.
  • Les six à douze dernières mensuelles.

Cela permet de revenir loin en arrière sans stocker des centaines de copies. Sur un site de contenu, l’espace nécessaire reste modeste ; sur un site avec beaucoup de médias, on peut sauvegarder les fichiers moins souvent que la base, puisque les médias changent rarement.

Le test de restauration

C’est l’étape que personne ne fait, et c’est la seule qui prouve quelque chose.

Une fois par trimestre, restaurez une sauvegarde ailleurs : sur un sous-domaine de test, ou sur un serveur local. Puis vérifiez concrètement :

  • Le site s’affiche, sans page blanche ni erreur.
  • Les contenus les plus récents sont présents.
  • Les images se chargent — c’est le point qui casse le plus souvent, à cause des chemins absolus enregistrés en base.
  • La connexion à l’administration fonctionne.
  • Un formulaire envoie bien.

Notez le temps que l’opération vous a pris. Le jour où le site est réellement tombé, savoir qu’une restauration prend quarante minutes change complètement la gestion de la situation — et permet de répondre honnêtement à un client qui demande quand ce sera revenu.

Les erreurs qui reviennent

Sauvegarder dans le dossier du site. Une archive posée à la racine est accessible publiquement si le serveur la sert, et elle disparaît en même temps que le reste. C’est le pire des deux mondes : inutile en cas de perte, et exposée en attendant.

Ne pas sauvegarder avant une mise à jour. C’est le moment où le risque est maximal et où la sauvegarde a le plus de valeur. Une extension mise à jour qui casse le site se règle en trois minutes si on a une copie, et en trois heures sinon.

Oublier ce qui n’est pas dans le site. Les enregistrements DNS, la configuration du serveur de messagerie, les identifiants d’accès. Un site restauré dont on ne retrouve plus la configuration de messagerie est à moitié restauré.

Chiffrer sans conserver la clé ailleurs. Une sauvegarde chiffrée dont la clé était sur le serveur perdu est un fichier définitivement illisible.

Se fier à un plugin sans vérifier qu’il tourne. Les tâches planifiées d’un site peuvent cesser silencieusement de s’exécuter. Regardez la date du dernier fichier produit, pas le réglage de l’extension.

Le minimum viable

Si vous ne devez mettre qu’une chose en place aujourd’hui : une sauvegarde complète, fichiers et base, téléchargée sur votre machine, avec la date dans le nom du fichier.

Ce n’est ni automatique ni élégant, mais cela vous place immédiatement au-dessus de la majorité des sites — et cela ne prend que quelques minutes.

Questions fréquentes

La sauvegarde de mon hébergeur suffit-elle ?

Rarement seule. Elle protège d'une panne technique mais pas d'une suppression de compte, d'un litige de facturation ou d'une défaillance de l'hébergeur lui-même. Elle a souvent une rétention courte, parfois quelques jours, ce qui est insuffisant pour détecter une compromission qui remonte à plusieurs semaines.

Que faut-il sauvegarder exactement sur un site ?

Les fichiers du site — code, thème, extensions, médias envoyés — et la base de données, qui contient les contenus, les réglages et les comptes. Les deux doivent être pris au même moment : une base récente avec des fichiers anciens produit un site incohérent qui peut refuser de démarrer.

À quelle fréquence sauvegarder ?

À la fréquence des changements que vous acceptez de perdre. Un site vitrine modifié une fois par trimestre se contente d'une sauvegarde mensuelle. Un site où l'on publie chaque jour, ou une boutique qui enregistre des commandes, demande une sauvegarde quotidienne au minimum.

Où stocker ses sauvegardes ?

Ailleurs que sur le serveur du site, c'est le point essentiel. Un espace de stockage distant, un disque externe, ou les deux. La règle courante dite 3-2-1 consiste à garder trois copies, sur deux supports différents, dont une hors site.

Comment savoir si une sauvegarde fonctionne ?

En la restaurant. C'est la seule vérification qui vaut, et la seule que presque personne ne fait. Restaurez sur un sous-domaine de test ou en local, une fois par trimestre, et vérifiez que le site s'affiche et que les contenus récents sont présents.

Sources et méthode

  • Pratiques courantes de sauvegarde et de restauration de sites web