En bref

  • Solliciter un avis est autorisé. L'acheter, le faire écrire par des proches ou le conditionner à une remise ne l'est pas.
  • Le bon moment est juste après une prestation réussie, quand le client est encore présent et disponible.
  • Ne sollicitez pas seulement les clients contents : filtrer en amont est une pratique trompeuse et se détecte.
  • Répondez à tous les avis. Votre réponse ne convaincra pas son auteur : elle est lue par les prospects qui hésitent.

Les avis pèsent lourd dans une décision d’achat locale, et cette importance a produit un marché parallèle qui expose ceux qui y touchent. La ligne est pourtant nette : on peut demander, on ne peut pas orienter.

Ce que vous pouvez faire

Solliciter. Demander à un client de partager son expérience est légitime et attendu. La plupart des gens ne pensent tout simplement pas à le faire.

Faciliter. Un lien direct vers le formulaire, un code à scanner sur le ticket, un message de suivi. Moins il y a d’étapes, plus le taux de retour monte — et l’écart entre un lien direct et une consigne du type « cherchez-nous en ligne » est considérable.

Rappeler. Une relance, une seule, quelques jours plus tard. Au-delà, cela devient de l’insistance.

Répondre. À tous les avis, positifs comme négatifs.

Tout cela suppose une fiche correctement configurée au départ : catégorie, adresse et zone d’intervention se règlent comme expliqué dans fiche établissement Google, champ par champ.

Ce que vous ne pouvez pas faire

Acheter des avis. C’est le cas le plus évident, et le plus sanctionné. Les plateformes détectent les schémas — comptes récents, rédaction homogène, pics de publication — et les sanctions vont de la suppression en masse à la perte de la fiche.

Les faire écrire par des proches qui n’ont pas été clients. Un avis suppose une expérience réelle.

Conditionner un avantage à leur publication. Remise, cadeau, tirage au sort : dès qu’il y a contrepartie, le contenu est faussé.

Filtrer en amont. C’est la pratique la plus répandue et la moins perçue comme problématique : ne solliciter que les clients dont on anticipe un retour favorable, ou faire précéder la demande d’un questionnaire qui n’oriente vers la plateforme que ceux qui ont bien noté. La sollicitation doit être indifférente au contenu attendu.

Ces pratiques relèvent en droit français et européen des pratiques commerciales trompeuses, et le cadre s’est nettement durci ces dernières années sur la question des faux avis.

Le bon moment

C’est le facteur qui influence le plus le taux de retour, davantage que la formulation.

Pour un commerce ou une prestation sur place : juste après, quand le client est encore là et satisfait. Un code à scanner sur le comptoir ou au dos du ticket fonctionne mieux qu’un courriel envoyé le soir.

Pour une intervention à domicile : à la fin du chantier, une fois le résultat constaté. Un artisan qui montre son travail terminé et demande simplement « si vous êtes content, ça m’aiderait beaucoup » obtient des retours élevés — c’est direct, et c’est parfaitement admis.

Pour une prestation longue : à la livraison, pas au milieu.

Pour une vente en ligne : quelques jours après réception, le temps que le produit ait été utilisé.

Ce qui ne marche pas : la demande groupée envoyée à toute une base de clients d’un coup. Elle produit un pic de publication qui déclenche les mécanismes de détection, et elle arrive à contretemps pour la plupart des destinataires.

Comment formuler la demande

Trois principes, et une formulation qui les respecte.

Court. Deux phrases suffisent.

Neutre. Ne suggérez ni la note ni le contenu. « Laissez-nous un avis » est correct ; « laissez-nous un avis cinq étoiles » ne l’est pas.

Direct. Le lien dans le message, pas une explication du chemin à suivre.

Merci pour votre confiance. Si vous avez deux minutes, votre avis nous aide beaucoup à nous faire connaître : [lien]. Bonne journée.

Répondre à un avis négatif

C’est l’exercice le plus rentable, et il repose sur un déplacement : vous n’écrivez pas pour l’auteur de l’avis, vous écrivez pour les prospects qui le liront. L’auteur est parti et ne changera probablement pas d’avis. Les vingt personnes qui hésiteront devant votre fiche, elles, jugeront votre réponse.

Quatre règles.

Ne contestez pas point par point. Un pavé de justifications donne raison à l’avis, quelle que soit sa véracité.

Ne divulguez aucune donnée sur le client — ni le détail de sa commande, ni son historique, ni ce qui s’est dit. C’est une faute juridique en plus d’une faute de communication.

Reconnaissez ce qui peut l’être, même partiellement. « Le délai a effectivement dérapé sur cette période, et je le regrette » désamorce plus efficacement que n’importe quelle explication.

Proposez de poursuivre hors ligne, avec un moyen de contact direct.

Bonjour, je suis désolé que l’intervention ne se soit pas passée comme prévu. Le délai que vous décrivez n’est pas celui que nous visons. Pouvez-vous me contacter au [numéro] pour qu’on regarde ensemble ce qui peut être fait ? Merci de nous l’avoir signalé.

Ce qu’il faut viser

Une note parfaite éveille la méfiance : elle suggère un filtrage. Une moyenne entre 4,2 et 4,7, avec des avis récents et quelques retours nuancés auxquels vous avez répondu, inspire davantage confiance qu’un sans-faute.

La régularité compte aussi plus que le volume. Dix avis étalés sur l’année valent mieux que cinquante publiés en une semaine, qui signalent une campagne et déclenchent des vérifications.

Questions fréquentes

A-t-on le droit de demander des avis à ses clients ?

Oui, c'est explicitement autorisé et même encouragé. Ce qui est interdit est de rémunérer un avis, de le faire rédiger par quelqu'un qui n'a pas été client, de conditionner un avantage à sa publication, ou de ne solliciter que les clients dont on anticipe un retour favorable. La sollicitation doit être neutre quant au contenu attendu.

Peut-on offrir une remise contre un avis ?

Non. Conditionner un avantage à la publication d'un avis fausse le contenu de cet avis et relève des pratiques commerciales trompeuses. Vous pouvez en revanche remercier tous vos clients, indistinctement, sans lien avec le fait qu'ils aient laissé un avis ou non, ni avec sa teneur.

Comment faire supprimer un avis injuste ?

Signalez-le à la plateforme s'il enfreint ses règles : propos injurieux, données personnelles, avis manifestement sans rapport avec une prestation réelle, concurrent identifiable. La suppression pour désaccord de fond n'aboutit pratiquement jamais. Dans ce cas, la réponse publique est votre meilleur outil, et souvent le plus efficace.

Faut-il répondre aux avis positifs ?

Oui, brièvement. Une réponse courte et personnalisée montre que quelqu'un lit, ce qui incite les suivants à écrire. Évitez la formule identique recopiée trente fois : elle se repère instantanément et produit l'effet inverse.

Sources et méthode

  • Règles publiées par les principales plateformes d'avis en matière de sollicitation et de manipulation
  • Cadre français et européen relatif aux pratiques commerciales trompeuses appliqué aux avis en ligne