En bref

  • Quatre voies : plateforme tout-en-un, WordPress en autonomie, freelance, agence. Elles ne se départagent pas sur le prix d'achat mais sur le coût à trois ans.
  • Sur une plateforme fermée, vous louez. Vous pourrez récupérer vos textes et vos images, pas votre site : le refaire ailleurs signifie le refaire entièrement.
  • Le poste que tout le monde oublie est le contenu. Textes et photos restent presque toujours à la charge du client, et c'est ce qui bloque les projets.
  • Trois questions suffisent à trancher : avez-vous du temps, avez-vous un budget, vendez-vous en ligne.

Le prix affiché d’un site internet n’apprend presque rien. Ce qui compte, c’est le coût sur la durée de vie réelle du site — trois à cinq ans — et surtout ce que vous possédez au bout du compte. Un site à 25 € par mois qu’on ne peut pas emporter n’est pas moins cher qu’un site à 3 000 € qu’on peut déplacer, réutiliser et faire évoluer.

Les quatre voies possibles

La plateforme tout-en-un. Vous vous abonnez, vous composez vos pages dans un éditeur visuel, et tout le reste — hébergement, certificat de sécurité, sauvegardes, mises à jour — est pris en charge. Vous ne touchez jamais à un serveur. En échange, vous travaillez dans un environnement fermé.

WordPress en autonomie. Vous louez un hébergement, vous installez WordPress, vous choisissez un thème et quelques extensions. C’est le compromis le plus répandu chez les indépendants : vous gardez la main sur tout, y compris sur les corvées.

Le freelance. Vous achetez du temps de conception. Le site est généralement construit sur WordPress, parfois sur une plateforme. La qualité varie énormément d’un prestataire à l’autre, et le prix ne la prédit qu’imparfaitement.

L’agence. Vous achetez une équipe : conception, design, intégration, souvent une réflexion sur le positionnement et les contenus. C’est cohérent pour un projet à enjeu commercial fort, disproportionné pour une vitrine de cinq pages.

Le coût réel sur trois ans

Voici les mêmes projets — un site vitrine d’une dizaine de pages — ramenés à une base comparable. Ce sont des fourchettes constatées, pas des devis.

VoieMise en routeCoût récurrentTotal à 3 ansVotre temps
Plateforme tout-en-un0 €12 à 40 €/mois450 à 1 500 €15 à 40 h
WordPress en autonomie0 à 150 € (thème)5 à 20 €/mois300 à 900 €40 à 100 h
Freelance1 500 à 6 000 €20 à 80 €/mois2 200 à 9 000 €10 à 25 h
Agence4 000 à 20 000 €50 à 200 €/mois6 000 à 27 000 €15 à 40 h

La colonne la plus intéressante est la dernière. Un site n’est jamais gratuit : il se paie en argent ou en heures. Quarante heures passées à apprendre WordPress ont un coût réel pour un artisan qui facture sa journée ; c’est souvent ce calcul, plus que le budget disponible, qui devrait décider.

Le domaine et l’adresse de messagerie s’ajoutent partout, pour 15 à 60 € par an selon l’extension et le nombre de boîtes.

Ce que vous possédez : la question qu’on pose trop tard

C’est la différence structurelle entre les quatre voies, et celle dont on ne mesure les conséquences qu’au moment de partir.

Sur une plateforme fermée, le site n’existe que sur la plateforme. Vous pourrez exporter vos textes, vos images, votre liste de contacts, parfois un fichier de données. Vous n’exporterez ni la mise en page, ni le design, ni les fonctionnalités. Changer de crémerie signifie refaire, avec le budget et le délai que cela suppose.

Sur WordPress, le site est un ensemble de fichiers et une base de données que vous pouvez déplacer chez un autre hébergeur, confier à un autre prestataire, ou reprendre en main vous-même. C’est la principale raison de sa domination : ce n’est pas le meilleur outil, c’est le moins verrouillant.

Cette différence a un corollaire pratique, souvent découvert trop tard : vérifiez au nom de qui le nom de domaine est enregistré. Un domaine déposé au nom du prestataire, et non de votre entreprise, transforme un changement de fournisseur en négociation.

Le poste que tout le monde oublie : le contenu

Dans presque tous les devis, une ligne dit « contenus fournis par le client ». Elle passe inaperçue à la signature et bloque le projet trois semaines plus tard.

Le contenu, c’est le texte de chaque page, les photos de vos réalisations, la description de vos prestations, vos tarifs si vous les affichez, vos mentions légales. Personne ne peut l’écrire à votre place sans vous interroger longuement — et ce temps d’interrogation, quand il est facturé, est le poste le plus lourd d’un projet soigné.

Deux conséquences concrètes. D’abord, commencez par le contenu, pas par le design : un texte prêt fait avancer un site en quelques jours, un design prêt sans texte n’avance à rien. Ensuite, si vous confiez la rédaction à votre prestataire, faites-le figurer explicitement au devis, avec le nombre de pages concernées.

Pour les photos, une règle simple : les images de banque d’images se reconnaissent, et elles nuisent à un artisan dont la crédibilité repose sur ses réalisations. Une série de photos correctes prises au téléphone dans une lumière convenable vaut mieux qu’un catalogue générique.

Trois questions pour trancher

La décision ne se prend pas en comparant des fonctionnalités. Elle se prend en répondant à trois questions sur votre situation.

Avez-vous du temps ? Non signifie freelance ou agence. Oui, quelques dizaines d’heures, ouvre WordPress ou la plateforme.

Avez-vous un budget de départ ? En dessous de 1 000 €, la question du prestataire ne se pose pas : ce sera la plateforme ou l’autonomie. Entre 1 500 et 6 000 €, le freelance devient la voie naturelle. Au-delà, l’agence se justifie si le site est un canal commercial et pas une carte de visite.

Vendez-vous en ligne ? Une boutique change tout : stock, expédition, retours, paiement, obligations de la vente à distance. Si la réponse est oui, écartez d’emblée les solutions non prévues pour cela, et prévoyez que le site sera un outil de travail quotidien plutôt qu’une vitrine qu’on met à jour deux fois par an.

Ce qui ne fait pas partie du choix : le nombre de modèles proposés par une plateforme, ou la promesse d’un site « en cinq minutes ». Les cinq minutes existent. Ce sont les vingt heures suivantes, celles qui transforment un modèle en site qui vous ressemble, qui décident du résultat.

Questions fréquentes

Combien coûte un site vitrine pour une petite entreprise ?

De 400 € environ sur trois ans en faisant tout soi-même avec WordPress, à 900 € sur une plateforme tout-en-un, autour de 5 000 € avec un freelance, et au-delà de 10 000 € avec une agence. Ces écarts recouvrent surtout du temps : celui que vous y passez, ou celui que vous achetez.

Wix ou WordPress pour démarrer ?

Wix si vous voulez un site en ligne rapidement sans rien apprendre et sans prévoir de le déplacer. WordPress si vous acceptez quelques heures d'apprentissage en échange de la possibilité de changer d'hébergeur, de prestataire ou de design sans tout refaire. La question n'est pas laquelle est meilleure, mais laquelle correspond à votre horizon.

Puis-je récupérer mon site si je quitte une plateforme ?

Vous récupérez vos contenus — textes, images, parfois un export de données — mais pas le site lui-même. La mise en page, le design et les fonctionnalités sont propres à la plateforme et ne se transposent pas. Concrètement, partir signifie refaire, ce qui doit être intégré au calcul dès le départ.

Faut-il un site quand on a déjà une page sur les réseaux sociaux ?

Une page sociale est louée, soumise à des règles qui changent et à un algorithme qui décide de votre visibilité. Un site vous appartient, apparaît dans les moteurs de recherche et sert de point d'atterrissage à toutes vos autres présences. Les deux se complètent, mais l'un ne remplace pas l'autre.

Sources et méthode

  • Grilles tarifaires publiques des plateformes de création de sites et des hébergeurs, relevées en août 2026
  • Fourchettes de facturation couramment pratiquées par les freelances et les agences françaises pour un site vitrine